Quatrième de couverture
Michel Marini avait douze ans en 1959. C'était l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de
Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné
leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils
étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes.
Mon avis
Surtout ne vous laisser pas rebuter par l'épaisseur de ce livre ! 756 pages ok ! mais ça se lit sans aucune souffrance ! Vous n'aurez que deux regrets : son épaisseur fait que vous ne
pouvez pas le promener partout ! et qu'il ne soit pas plus long, finalement !
À la lecture de ces quelques lignes, vous aurez compris que j'ai aimé ce roman !
Paris, fin des années cinquante, début des années soixante. La Guerre d'Algérie, les débuts du rock, le mur de Berlin (dont nous allons célébrer la chute, il y a 20 ans !), la Guerre Froide, ses
réfugiés politiques etc. Et Michel Marini dont nous allons suivre un bout de vie, de ses 12 ans à ses 17-18 ans. Michel en pleine adolescence dans une France où l'on sent les prémices de
mai 68, où le côté propre sur soi commence à agacer !
On suit sa petite histoire tout en survolant la grande Histoire. Il est issu d'une famille assez aisée, il va au lycée Henri IV, il lit beaucoup, il joue au baby-foot avec son meilleur ami au
café Le Balto qui sera son Q. G. un adolescent classique, insouciant, quoi :) Mais à qui il n'arrive pas que des choses classiques : un frère communiste qui doit s'enfuir ; une amie fortement
déprimée qu'il doit soutenir ; son père et sa mère qui se heurtent, se déchirent ; une soeur curieuse et bavarde ; la découverte de l'amour ; de l'amitié, de la trahison ; les répercussions de la
Guerre d'Algérie sur sa vie ; le pouvoir de la lecture dans sa vie (et lui aussi se rend compte qu'il n'a pas tout lu, qu'il ne connaît pas tout !) ; et le plus important, la découverte des
échecs liée à sa rencontre avec des réfugiés politiques des pays de l'Est.
Parallèlement à l'histoire de Michel, nous découvrons l'histoire de ces hommes, pourquoi ils ont fui leurs pays respectifs, dans quelles conditions, comment il se sont tous retrouvés au Balto,
dans l'arrière-salle. On passe des uns aux autres avec délice, on s'attache à tous ces personnages.
On se promène de Saint-Petersbourg aux rues de Londres pour revenir à ce Paris que j'aime tant : la Place Monge, la Sorbonne, Saint-Germain, Denfert-Rochereau.
Que cela fait du bien de lire un bon roman ! Les 756 pages m'ont parue trop courtes, l'écriture est fluide, beaucoup d'émotions, d'humour, de réflexions sur la vie, le sens de la vie, sur
toutes ces choses qui nous entourent.
Je pense que je pourrais en parler pendant des heures, plein de choses me revenant au fur et à mesure mais je préfère que vous le lisiez, vous ne le regretterez pas !!
Jean-Michel Guernessia a aussi écrit Pour cent Millions et est auteur de nombreux scenarios de téléfilms.
Clarabel,
Amanda et
Elfique ont, elles aussi, beaucoup aimé !