Eléazard von Wogau, héros inquiet de cette incroyable forêt d'histoires, est correspondant de presse au fin fond du Nordeste brésilien. On lui laisse un jour un fascinant manuscrit, biographie
inédite d'un célèbre jésuite de l'époque baroque. Commence alors une enquête à travers les savoirs et les fables qui n'est pas sans incidences sur sa vie privée. Comme si l'extraordinaire plongée
dans l'univers d'Athanase Kircher se répercutait à travers les aventures croisées d'autres personnages, tels Elaine, archéologue en mission improbable dans la jungle de Mato Grosso ; Moéma,
étudiante à la dérive, ou bien Nelson, jeune gamin infirme des favelas de Pirambu qui hume le plomb fondu de la vengeance.
J'ai commencé ce livre en juin dernier, avec enthousiasme. J'ai dû le rendre à la bibliothèque, 2 mois sont passés, je l'ai retrouvé avec joie sauf que le soufflé était retombé entre temps... Je
me suis beaucoup moins attachée aux nombreux personnages tous plus ou moins liés ; l'hagiographie de Kircher, jésuite et grand scientifique (jusqu'à ce qu'on découvre qu'il avait dit énormément
de bêtises) m'a vite saoulée, et pourtant, je suis historienne de base, il a vécu lors de ma période préférée à savoir le 17ème siècle avec la Guerre de Trente ans*, entre autre, mais rien à
faire, peut-être trop érudit pour moi ? Pourtant, Umberto Eco, à qui l'auteur est souvent comparé, n'est pas mal non plus dans son genre et ne me rebute pas... J'ai tenté de suivre les
personnages, Moéma, la fille paumée et droguée ne m'a pas retenue, Elaine, l'ex-femme d'Eléazard m'a agacée ; je me suis demandée ce que Nelson faisait là ; je me suis demandée quand le jaguar du
colonel Moreira allait dévorer la femme de celui-ci ; l'ex-nazi servant de guide à Elaine sur le fleuve Paraguay m'a définitivement dégoûtée de finir ce livre : il narre une scène de torture
qu'il a fait subir durant la Guerre et qu'il souhaiterait faire subir à Elaine. Scène qui enchaîne avec le journal d'Eléazard, à la lecture duquel je me suis demandée ce qu'il avait fumé...
Bref, j'ai tenu jusqu'à la page 182. Sur 766, c'est déjà pas mal, je trouve.
J'ai parcouru les critiques sur le net au sujet de ce roman. Toutes positives, très flatteuses. On va dire que la mienne est l'exception qui confirme la règle... Mais il me reste un arrière-goût
en bouche, ce sentiment d'être, certainement, passée à côté d'un très bon livre.
* en parlant de la Guerre de Trente ans, j'ai trouvé, dans mes mots-clés (ceux qui amènent sur mon blog) : "la guerre de Trente ans résumée en 3 lignes", j'avoue, j'ai bien ri :)
L'auteur a aussi écrit : Meduse en son miroir et autres textes ; Sites et monuments antiques de l'Algerie ; Le
rituel des dunes ; La mémoire de riz et autres contes ; L'impudeur des choses.