'En ce début des années soixante, nous n'étions pas encore des femmes mais des jeunes filles. Fait qui, sans ironie aucune, était considéré comme un avantage.'
Ainsi commence cette chronique de la vie d'un campus américain à l'époque où le seul diplôme reconnu pour une demoiselle qui se respecte était une bague de fiançailles. Que se passe-t-il dans ce
petit monde édulcoré quand une jeune femme pas comme les autres s'éprend d'un étudiant noir alors que la ségrégation raciale bat son plein ? Voilà le point de départ de ce tableau d'une
Amérique avant la tempête, encore perdue dans ses rêves d'innocence.
Extrait Pourtant : nous traversions une rue, tard un soir, main dans la main, d'humeur légère, quand une voiture
folle, une voiture pleine de jeunes, pas des étudiants mais de jeunes Blancs de la ville, excités par ce qu'ils voyaient, hurlant 'Négro ! Négro 'Négro ! ! Pute à nègres ! ', fonça dans notre
direction ; un coup de klaxon ricaneur, des boîtes de bières lancées sur nous, des jets liquides pareils à de l'urine. Je me rappellerais avec un frisson d'émotion que Vernor n'avait pas lâché ma
main mais l'avait serrée plus fort. 'Ne les regarde pas. Ne te retourne pas. Ils n'existent pas'. Il parlait avec froideur, avec fureur. Nous nous hâtâmes le long du trottoir, tournâmes un coin
de rue ; la voiture avait disparu ; l'incident était terminé ; même la bière ne nous avait pas touchés. J'avais été trop saisie pour avoir peur, mais je me mis alors à trembler.
Rien que ce court extrait me donne envie de le lire.
Je l'ai toujours pas lu, j'ai dû le rendre à la Bibliothèque (avec amende à la clé, bouhh ! :p). "Viol, histoire d'amour" m'attend sur mon étagère à lire ! je vais de ce pas lire ta critique sur "les chutes" :))