23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 14:43
on ne boit pas les rats-kangourous Quatrième de couverture

Un hameau perdu en plein désert, deux boutiques, l’épicerie de Monsieur Den et le café de Dan où tous les soirs les paumés qui y végètent se retrouvent et éclusent au comptoir. De ce pays, personne ne peut sortir. Willie, qui y est né et ne connaît rien d’autre, le sait mieux que personne. Mais vient le jour où le garçon de 25 ans se pose la question, et rien ne sera plus comme avant.

Mon avis

Mazette que ce livre est beau !!! Un premier roman de toute beauté ! Une écriture superbe ! Une poésie, une musique dans les mots, les phrases ! Et quel dommage qu'il soit passé inaperçu lors de la rentrée littéraire 2009 ! (mais il n'est jamais trop tard ;)). Dés les premiers mots, les première phrases, j'ai su que j'aimerai ce livre, qu'il ne me laisserait pas indemne !
On se retrouve perdu au fin fond de nulle part avec Will, né là, dans ce hameau paumé où la seule raison de vivre est se retrouver le soir au bar du coin et parler de tout et de rien et boire, boire, boire pour oublier. On pourrait penser qu'on va vite s'ennuyer dans ce huis-clos mais non .. Parce que Will qui est né là, veut savoir comment les autres sont arrivés là et pourquoi personne ne peut repartir surtout. Parce que c'est bien ça le souci : pour repartir, il suffirait de suivre la route sauf que là, après le virage, le Nord devient Sud et on tourne en rond encore et toujours ! Ces gens sont-ils condamnés à mourir là ? à tenter de se noyer dans l'alcool ? Et la seule épicerie du hameau, comment fait-elle pour être toujours ravitailler ? Et ces camions qui vident leurs cargaisons dans la décharge, d'où viennent-ils ?

Une atmosphére indéfinissable mais prenante. Ce roman a tout d'un grand !  Je l'ai dégusté, j'ai pris mon temps, me retenant pour y replonger, il ne me quittait pas, toujours Will et les autres à l'esprit.
Un très beau roman sur la rédemption, le pardon même si parfois (oui il faut bien un bémol à tout cela ;)), je lui ai trouvé des facilités à la Coelho (sans être péjorative hein !). Bémol vite oublié toutefois !

Lisez-le ! Donnez-lui sa chance face à Levy, Nothomb et tous les autres !




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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:57
Quatrième de couverture

Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer. Mais les autres m'ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études. » J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses [...]. »


Mon avis

Décidément M. Claudel est fort, très fort pour mettre en avant la noirceur de l'âme !
Nous nous retrouvons ici dans un village que l'on suppose situé dans les pays de l'Est, à la frontière de l'Allemagne, de la Pologne. Nous savons peu de choses sur ce lieu, si ce n'est que la capitale n'est pas très éloignée. Un village comme tant d'autres ; un village qui a subi les horreurs de la 2ème guerre mondiale : les déportations, les invasions, les délations pour se sauver soi-même (ou du moins se donner bonne conscience en pensant cela). Nous retrouvons Brodeck, le seul du village à avoir fait des études (payées par le village) à la Capitale. Il se retrouve nommé d'office pour établir un rapport sur un meurtre perpétré par les villageois sur un étranger installé là depuis peu. Il nous aide à comprendre pourquoi ses compatriotes en sont arrivés là. Mais ce rapport lui sert de prétexte pour nous raconter sa vie, sa déportation, sa vie dans les camps, la vie de sa femme durant son absence, comment il a fait pour survivre et surtout son retour dans un village qui le croyait mort, retrouver sa place.
Une très belle histoire que nous raconte là M. Claudel, un bel huis clos. Les mots employés sont rudes mais en même temps dits avec une telle poésie ! Il est rare que je cite des passages mais allez savoir pourquoi, cette phrase m'a marquée : "Le soir venait sur la pointe des pieds, comme pour ne pas gêner".
Rien n'est clairement énoncé, tout est dans le sous-entendu, surtout pour l'horreur des camps, les mots "juifs, allemands"etc. ne sont quasiment jamais écrits, tout se devine.
Le fait que le lieu ni la date ni les choses ne soient clairement énoncés peut destabiliser, perturber mais franchement, accrochez-vous ! Dépassez cela ! Ce livre en vaut réellement la peine !
Vous allez me dire : "Encore un livre sur la 2ème guerre mondiale" (même s'il n'est pas récent, récent ;)) mais je trouve que malgré la multitude de livres, de romans sur ce sujet, on découvre toujours quelque chose de nouveau, un nouvel aspect, une nouvelle horreur. Mais malgré tout ces livres, cela ne sera jamais assez !


M. Claudel a aussi écrit : La petite fille de Monsieur Linh ; Les âmes grises ; Quelques-uns des cent regrets ; Meuse l'oubli ; Les Confidents : Et autres nouvelles. Récits tirés des Petites Mécaniques ; J'abandonne ; Le Monde sans les enfants : Et autres histoires ; Petite fabrique des rêves et des réalités ; Parle-moi d'amour ; Trois petites histoires de jouets ; Au revoir monsieur Friant ; Le domaine de la Romanée-Conti ; Le Bruit des trousseaux ; Chronique monégasque : Et autres textes ; Tomber de Rideau.

D'autres avis chez Bob !

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 08:23
Quatrième de couverture

Michel Marini avait douze ans en 1959. C'était l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes.

Mon avis

Surtout ne vous laisser pas rebuter par l'épaisseur de ce livre ! 756 pages ok ! mais ça se lit sans aucune souffrance ! Vous n'aurez que deux  regrets : son épaisseur fait que vous ne pouvez pas le promener partout ! et qu'il ne soit pas plus long, finalement !
À la lecture de ces quelques lignes, vous aurez compris que j'ai aimé ce roman !

Paris, fin des années cinquante, début des années soixante. La Guerre d'Algérie, les débuts du rock, le mur de Berlin (dont nous allons célébrer la chute, il y a 20 ans !), la Guerre Froide, ses réfugiés politiques etc. Et Michel Marini dont nous allons suivre un bout de vie, de ses  12 ans à ses 17-18 ans. Michel en pleine adolescence dans une France où l'on sent les prémices de mai 68, où le côté propre sur soi commence à agacer !
On suit sa petite histoire tout en survolant la grande Histoire. Il est issu d'une famille assez aisée, il va au lycée Henri IV, il lit beaucoup, il joue au baby-foot avec son meilleur ami au café Le Balto qui sera son Q. G. un adolescent classique, insouciant, quoi :) Mais à qui il n'arrive pas que des choses classiques : un frère communiste qui doit s'enfuir ; une amie fortement déprimée qu'il doit soutenir ; son père et sa mère qui se heurtent, se déchirent ; une soeur curieuse et bavarde ; la découverte de l'amour ; de l'amitié, de la trahison ; les répercussions de la Guerre d'Algérie sur sa vie ; le pouvoir de la lecture dans sa vie (et lui aussi se rend compte qu'il n'a pas tout lu, qu'il ne connaît pas tout !) ; et le plus important, la découverte des échecs liée à sa rencontre avec des réfugiés politiques des pays de l'Est.
Parallèlement à l'histoire de Michel, nous découvrons l'histoire de ces hommes, pourquoi ils ont fui leurs pays respectifs, dans quelles conditions, comment il se sont tous retrouvés au Balto, dans l'arrière-salle. On passe des uns aux autres avec délice, on s'attache à tous ces personnages.
On se promène de  Saint-Petersbourg aux rues de Londres pour revenir à ce Paris que j'aime tant : la Place Monge, la Sorbonne, Saint-Germain, Denfert-Rochereau.

Que cela fait du bien de lire un bon roman !  Les 756 pages m'ont parue trop courtes, l'écriture est fluide, beaucoup d'émotions, d'humour, de réflexions sur la vie, le sens de la vie, sur toutes ces choses qui nous entourent.

Je pense que je pourrais en parler pendant des heures, plein de choses me revenant au fur et à mesure mais je préfère que vous le lisiez, vous ne le regretterez pas !!

Jean-Michel Guernessia a aussi écrit Pour cent Millions et est auteur de nombreux scenarios de téléfilms.

ClarabelAmanda et Elfique ont, elles aussi, beaucoup aimé !

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 09:52
Quatrième de couverture


Alabama, 1918. Quand Zelda, " Belle du Sud ", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout - New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister..

Mon avis

Tout au long de ce roman, je me suis demandée "où est la part de fiction et où est la réalité ?", cela montre, à mon  humble avis, le tour de force que vient de réaliser l'auteur : se mettre dans la peau de Zelda et surtout dans sa tête. Nous allons suivre Zelda tout au long de sa vie, de sa vie d'enfant gâtée en Alabama  aux rues de New-York. Fille du juge, elle profite de ce statut pour multiplier les scandales avec un de ses amies. Jusqu'au jour où elle rencontre Fitzgerald qui n'a qu'un rêve : devenir écrivain.
Elle le suit, l'épouse, il devient célèbre rapidement grâce à un premier roman, ils mènent grande vie. mais rapidement, le couple explose. l'inspiration quitte Fitz qui n'hésite pas à s'approprier les écrits de sa femme. Elle tombe amoureuse d'un autre, Fitzgerald s'éloigne, mais veut la garder pour elle, sous sa coupe. Commence un rapport de force entre les deux. Guerre qui aura raison de la santé mentale de Zelda qui multipliera les séjours en hôpitaux psychiatriques, incomprise de tous. Son mari ne se remettra jamais en question l'accusant, elle, de tous les maux.

Seul point négatif de ce roman : les balades temporelles. Dans un même paragraphe, on peut passer de 1918 à 1940, revenir à 1926 et ainsi de suite. j'avoue avoir été perdue par moment !

En général, je suis réfractaire à la lecture des prix  littéraires qui ne sont pas, pour moi, des gages,de bons livres. Ici, ma première impression  à la fin de cette lecture fut que le Goncourt me semblait mérité.

Gilles Leroy a aussi écrit : Grandir ; Champecrets ; les maitres du monde ; Les jardins publics ; machines à sous  ; Soleil noir ; Eddy Wiggins : Le noir et le blanc ; Madame X ; Maman est morte.

Et toutes celles et ceux qui l'ont lu sont sur Blog of Book.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 10:46
Résumé

Le père de l'auteur, Vladek, juif polonais, rescapé d'Auschwitz, raconte sa vie de 1930 à 1944, date de sa déportation. Ce récit est rapporté sous la forme d'une bande dessinée dont les personnages ont une tête d'animal : les juifs sont des souris, les nazis des chats, les Polonais des porcs et les Américains des chiens.


Mon avis

Je ne suis pas BD, en général. Hormis Garfield, aucune BD ne m'attire ou presque. Il faudra d'ailleurs que je vous parle de Garfield, un jour.... Mon héros Toutefois, contrairement à certains, je ne considère pas la BD comme de la fausse littérature. Il faut du talent pour dessiner et créer une histoire de la même façon qu'il faut du talent à un écrivain pour écrire un roman.

Beaucoup d'entre vous doivent connaître, je pense, cette BD. J'en ai entendu parler, pour la première fois, lors de mon stage à Soif de Lire, par ma libraire préférée. J'ai tourné autour (de la BD, pas de ma libraire préférée ;) pendant mes 15 jours de stage, l'ouvrant vaguement mais sans jamais m'y plonger. Et là, je me suis sentie prête. Je l'ai empruntée à la médiathèque et je m'y suis plongée directement.

Le thème est dur : la Shoah. En parler via une BD peut être discutable pour certains. Personnellement, je pense qu'à partir du moment où on en parle et où le devoir de mémoire est mis en place, c'est le principal.

Art Spiegelman nous raconte l'histoire de son père de 1930 à 1944. Celui-ci était polonais juif. Il a vécu les déportations, les camps, les brimades. Il a vu sa famille, ses amis disparaître, emportés par la folie d'un seul homme. Il a vécu les trahisons de soit-disant amis, il a découvert des amitiés alors qu'il pensait ne plus avoir d'issue. Sa façon de survivre au détriment des autres, par moment, m'a écoeurée mais une phrase tournait en boucle, dans ma tête : "Comment aurais-je agi à sa place ?" couplé à une chanson : Né En 17 à Leidenstadt.
Outre le thème de la Shoah, Art Spiegelman nous parle aussi des relations qu'il a eu avec son père, leurs chamailleries, leurs confidences. L'auteur nous parle de son père sans complaisance, de ses travers, de ses trafics pour s'en sortir. Il le dit lui-même, il a devant lui la caricature du marchand juif et ça le dégoûte, par instant. Je pense que l'une de ses plus grandes blessures fut de découvrir que son père avait brûlé le journal intime que sa mère a tenu durant la 2ème Guerre mondiale. Là où elle racontait tout ce qu'elle a vécu dans les camps. Art Spiegelman ne basera donc sa BD que sur un seul témoignage : celui de son père.

On passe d'une époque à une autre, d'une case à l'autre. Du temps présent à la 2ème Guerre mondiale et on est entraîné dans ce récit que l'on ne peut lâcher tellement il est bouleversant. J'ai souri, j'ai pleuré, j'ai été émue.. Je suis passée par beaucoup de sentiments, d'un extrême à l'autre mais je ne suis pas ressortie indemne.

Ils l'ont lu aussi : Florinette, entre autre :)






Le père de l'auteur, Vladek, juif polonais, rescapé d'Auschwitz, raconte sa vie de 1930 à 1944, date de sa déportation. Ce récit est rapporté sous la forme d'une bande dessinée dont les personnages ont une tête d'animal : les juifs sont des souris, les nazis des chats, les Polonais des porcs et les Américains des chiens.

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 11:10
Quatrième de couverture

Nom : Gilbert Pastois.
Age : 64 ans.
Domicile : Beauvais.
Profession : comptable à la retraite
Signe particulier : néant.
Il a connu six ou sept femmes. La dernière, Jeanne, l'a quitté. Il ne connaît plus personne, n'attend plus rien de la vie. Pourtant, un jour, au café, il pense croiser son semblable et se met à lui écrire. Les lettres, adressées à cet inconnu, mais jamais envoyées, révèlent une existence pleine de failles et bientôt un sombre projet.

Mon avis

J'ai lu ce roman d'une traite, il y a quelques semaines, et j'ai du mal à mettre des mots sur ce que j'ai ressenti, sur ce que je ressens encore.
Ce roman est une suite de lettres écrites, par Gilbert Pastois, homme sans saveur, sans relief, à un inconnu. Il n'enverra pas ces lettres, qui, par conséquent, resteront sans réponse.

Pourquoi avoir choisi cet inconnu ? Parce que Gilbert pense qu'il lui ressemble dans sa solitude. Jeanne, la femme de Gilbert vient de le quitter, après 7 ans d'une vie commune sans relief. L'inconnu a perdu sa femme et toutes les semaines, il va se recueillir sur sa tombe. Gilbert se met à le suivre, à connaître son quotidien, ses habitudes, allant jusqu'à fouiller dans son passé. Et plus, il fouille et plus, il leur trouve des analogies. Tous deux lui semblent sans avenir possible, en fin de vie, seuls. Il nous fait entrer dans leur intimité, à tous les deux, sans scrupule.

Je me suis surprise à m'attacher à Gilbert. D'abord pitoyable à surveiller cet inconnu, puis attachant dans sa solitude, ses colères envers l'autre, envers la Vie, envers la femme qui l'a quitté. On sent la folie monter, on ne peut que la subir.

Le style est sans lumière. Normal, C'est Gilbert qui écrit. Il ne peut pas donner de joie à sa prose, ne connaissant pas ou plus ce sentiment ; il ne peut donner d'espoir à ses écrits, ne voyant que le noir devant lui. Pas de lumière au bout du tunnel. Aucune illusion sur le reste de sa vie. Si, une seule : récupérer Jeanne. Et cela va le conduire loin, très loin, trop loin ?

Un roman qui ne peut pas nous laisser indifférent (encore un ), qui nous fait nous poser des questions. Comme le dit si justement un blogueur, Gilbert, ça peut être vous, moi, votre voisin...

Richard Andrieux a aussi écrit José. Roman que j'ai lu mais sur lequel je n'ai pas fait de billet parce que là aussi, j'ai eu du mal à dire ce que je ressentais.

Ils l'ont lu aussi : Sebastien Fritsch, Clarabel, Anne, Bridget et certainement beaucoup d'autres.

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:20
Quatrième de couverture

Rut et Gorm sont des enfants du grand Nord norvégien, un pays de mer, de travail et de silence. Issus de milieux différents, solitaires par obligation et victimes de la rigueur morale de leurs familles respectives, leurs rencontres ne pouvaient être que fortuites et éphémères. La première eut lieu alors qu'ils n'avaient que neuf ans. Elle les a marqués pour toujours. Depuis, ils ne se sont croisés que cinq fois et jamais ils n'ont pu approfondir cette relation distante et pourtant réconfortante. Ils ont désormais la trentaine. Rut est devenue une artiste réputée, Gorm un homme d'affaires respectable. C'est leur septième rencontre. Peut-être leur dernière chance...


Mon avis

J'avais tenu durant mes 15 jours de stage, aucun livre acheté ! rien ! et là, je vais juste à la librairie en passant et paf ! un achat ! J'ai baissé ma garde  deux secondes... Achat impulsion qui plus est ! Alors que j'avais repéré tant d'autres livres !!
Achat que je n'ai pas regretté !
J'ai découvert cette auteur norvégienne par la même occasion et je pense que j'en lirai d'autres d'elle !

On se retrouve en Norvège, au fin fond du grand Nord, à suivre Rut et Gorm, deux enfants élevés dans des milieux opposés. Rut grandit sur une île, fille d'un Prédicateur (qu'elle n'appellera quasiment jamais papa), sa mère est une femme plus ou moins soumise, elle a un frère jumeau handicapé mental et se reprochera toute sa vie d'être née la première, privant son frère d'oxygène pendant quelques secondes. Elle a une grand-mère qu'elle adore et qui le lui rend bien et qui l'aidera à réaliser son rêve : partir sur le continent faire des études. Deux rencontres changeront sa vie : Michael, un peintre venu faire une retraite sur son île et qui lui apprendra beaucoup de choses dont le dessin et Gorm, qu'elle croisera pour la première fois à l'âge de neuf ans. Rencontre marquante puisqu'elle en ressortira avec une cicatrice sur le front due à un lancer de pierre.... Mais pas seulement avec une marque sur le front...

Gorm, quant à lui, est issu d'une famille assez bourgeoise, détentrice d'un des plus grands magasins de la ville. Étant le seul garçon, sa carrière est toute tracée, il reprendra le magasin. Son père est froid, distant, malheureux en mariage. Sa mère, dépressive, le couve autant qu'elle peut, elle l'étouffe et ses relations avec ses soeurs sont assez ambiguës. Gorm arrive à fuir tout cela et part en mer pendant quelques années, jusqu'à la mort de son père. Il revient et devient le nouveau directeur du magasin familial. Toute sa vie sera marquée par sa première rencontre avec Rut. Il n'aura de cesse de la rechercher.

L'un comme l'autre n'auront de cesse de chercher à combler ce vide, de chercher cette personne qui les comprendra sans un mot, juste sur un regard. Ils savent inconsciemment qu'ils sont âmes soeurs. Ils se croiseront, tout au long de leurs vies, cinq fois, tissant ainsi brièvement un lien indéfectible entre eux. La septième rencontre se fait lors de la première exposition à Oslo de Rut, devenue artiste célèbre.

Ce roman m'a beaucoup fait penser à la Solitude des nombres premiers en beaucoup plus optimiste, cependant ;) en moins torturé. J'ai aimé le style de l'auteure qui nous raconte avec beaucoup de justesse l'histoire de Rut et Gorm.
Une histoire qui dépayse, de par les descriptions des paysages norvégiens,  montrant ainsi la dureté de la vie au Grand Nord.

Une histoire qui se lit avec plaisir !


Herbjorg Wassmo a aussi écrit : La trilogie  Tora ( La Véranda aveugle, La Chambre silencieuse, Ciel cruel) ; la trilogie  Le livre de Dina (Les Limons vides, Les Vivants aussi, Mon Bien aimé est à moi) ; Le fils de la Providence ; L'héritage de Karna (qui clôt Le livre de Dina) (Mon Péché n'appartient qu'à moi, Le Pire des silences, Les Femmes si belles) ; La Fugitive ; Voyages ( un recueil de quatre nouvelles) et Un verre de lait, s'il vous plaîtUn long chemin.

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 12:22
Quatrième de couverture

A la suite d'un léger accident de travail, la narratrice de ce récit a quitté son usine et trouvé un emploi d'assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimens. Dans ce lieu étrange, ancien foyer de jeunes filles pratiquement désert, elle reçoit la clientèle avant que M. Deshimaru, en véritable maître de taxidermie, recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs de ceux qui désirent échapper à leur mémoire. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, la jeune fille tombe peu à peu sous la coupe de cet homme...

Mon avis

J'avais déjà découvert l'univers de Yôko Ogawa via Le Musée du silence. Lecture ancienne mais encore bien présente en mémoire. C'est un monde à part, envoûtant.
Ici, cette histoire, qui se lit d'une traite, m'a prise dans ses filets, je n'ai pu lâcher le livre avant la fin.
On y suit une jeune fille qui a perdu un bout de doigt lors de son dernier emploi, dans une usine d'eau gazeuse. Elle doit quitter cet emploi. Là voilà qui erre dans une ville, un quartier sinistre et qui voit une annonce pour un emploi d'assistante, collée sur la porte d'un vieil immeuble. Elle postule et commence le lendemain. Elle devient ainsi l'assistante d'un professeur atypique, taxidermiste de souvenirs. Cela lui donnera l'occasion de croiser des gens blessés, riches en couleurs, qui se confient à elle.
Le laboratoire est situé dans un vieux pensionnat pour jeunes filles dont deux, maintenant assez âgées,  vivent encore là. Elles apportent aussi un certain charme à l'histoire. 
Une relation particulière naît entre la jeune fille et le professeur, relation assez étrange basée sur la domination et une paire de chaussures...

Une histoire déconcertante mais envoûtante ; une atmosphère oppressante mais pas morbide ; une simplicité dans l'écriture mais si percutante !
Comme dans Le musée du silence, j'y ai retrouvé l'obsession du classement qui semble si cher à l'auteure. On ne peut rester indifférent à la lecture de la scène où la jeune fille passe la nuit à genoux devant le professeur à ramasser les caractères de la machine à écrire, tombés à terre, et à les reclasser.

Ogawa a aussi écrit : Le musée du silence, Une Parfaite chambre de malade, La Piscine, Les Abeilles, La Grossesse,  Amours en marge, Le Réfectoire un soir et une piscine sous la pluie, La Petite pièce hexagonale, Hôtel Iris, Parfum de glace, Tristes revanches, La bénédiction inattendue, Les Paupières, La formule préférée du professeur, La marche de Mina, La Mer ...

Elles (et ils) l'ont lu aussi : LeiloonaSylvieYueyin, Laurence, Hélène, Katell et certainement encore beaucoup d'autres !





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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 20:51
Quatrième de couverture

A la fin des années 1970, trois pom-pom girls quittent leur camp de vacances à bord d'une Mustang décapotable dans l'espoir de se baigner dans le mystérieux Lac des Amants. Dans leur insouciance, elles sourient à deux garçons croisés en chemin. Mauvais choix au mauvais moment. Soudain, cette journée idyllique tourne au cauchemar.



Mon avis


Rien que ce résumé montre une montée du suspens, on sent déjà le côté haletant de l'histoire. Résumé qui ne nous trompe pas. Le prologue annonce la couleur en nous parlant des histoires que l'on se raconte autour d'un feu de camp, celles qui nous font peur en général et hop, l'auteur nous entraîne dans une Mustang rouge, cheveux au vent aux côtés de 3 pom-pom girls. Celles-ci ont décidé de sécher leur cours de sport lors de leur camp d'été, il faisait trop chaud et elles en avaient assez d'obéir aux ordres d'une chefaillon enceinte jusqu'aux yeux. Nous avons Kristy au volant, la jeune fille qui semble n'avoir aucun défaut, que tout le monde aime ou semble aimer du moins. Il lui a quand même été offert un mobile représentant le système solaire avec comme remarque "pour qu'elle n'oublie pas qu'elle n'est pas le centre du monde" mais Kristy est persuadée que sans elle pas mal de choses ne se feraient pas. À côté d'elle se trouve Desiree, la salope du lycée, la nympho, celle qui a peu d'amies féminines sauf Kristy, bien sur... Derrière, Kristi, un peu space, trouillarde à ses heures, un peu nunuche, du moins, en apparence. Tout semble sourire à ces 3 jeunes filles, elles sont les plus belles du lycée, pom-pom girls, typiquement les jeunes filles américaines de base des années 70. Mais un sourire à 2 garçons dans un vieux break pourri et tout bascule. Et tout le long du livre, j'ai attendu le moment gore, j'ai senti la tension monter et j'ai eu comme la vision d'un soufflé retombant quand j'ai lu la fin ... Fin qui ne m'a pas déçue, je m'attendais à autre chose et c'est sans doute là, le tour de force de l'auteur, nous emmener ailleurs que là où nous pensions aller !

Parallèlement à cette histoire de suspens lié aux deux garçons, Laura K. nous décrit avec brio la mentalité américaine des années 70. Le style de l'auteur est époustouflant, je sentais la chaleur décrite autour de moi, j'entendais le chant lancinant des cigales, je voyais le lac sombre, la forêt étouffante...
J'ai aimé les réflexions que pose ce livre : parler à la police de ces deux garçons ou pas ? Après tout, ces 3 filles les avaient allumés. S'il leur arrivait quoique ce soit, on dirait qu'elles l'avaient cherché... Que faire ? Qu'aurions-nous fait à leur place ?

Un livre que j'ai lu très rapidement, que j'ai eu du mal à lâcher. Il nous parle d'insouciance mais nous fait nous poser pas mal de questions ... Il ne laisse pas indifférent en tout cas !


Merci aux Editions du Livre de poche pour cette découverte.
Cette auteur a aussi écrit La couronne verte, À moi pour toujours, La vie devant ses yeux ... À lire ? ;)

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 17:20
Quatrième de couverture

Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.


Mon avis

L'idée est intéressante, recueillir les témoignages de ces femmes chinoises, leur "non-existence" serait plutôt le terme exact, aux yeux de la société chinoise. Société dont le manque de considération est mis en avant, tout pour le Parti, la femme aura ce qu'il reste et encore ... Ça se passe quand même non pas au Moyen-Âge mais à notre époque ! La différence de traitement entre les femmes occidentales et les femmes asiatiques est invraisemblable ! La Chine s'ouvre peut-être au Monde mais le chemin à parcourir est encore long et surtout faire oublier certaines traditions immondes va prendre du temps ! Les récits sont bouleversants par eux-mêmes, par ce qu'ils disent, par la souffrance de ces femmes, de ce qu'elles ont du subir en silence mais le livre est froid, trop journalistique. J'ai eu du mal à me sentir impliquée, à rentrer dans ces histoires de par le style utilisé. J'ai eu le sentiment de passer de récits en récits froidement. Ce sera ma seule déception tellement ce livre est fort.

Livre à lire en tout cas !!!

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Fourre-tout 

  Semblerait que mon fan-club (aheum :D) ronchonne de mon peu de publications ces derniers temps... Je vais tenter de remédier à ça et d'être plus rigoureuse ! (j'ai bien dit "tenter" hein :D)

 

Légére modernisation du blog ! Je vous annonce la naissance d'une page facebook indépendante de ma page perso. Vous y retrouverez, outre les articles ici-présents (et à venir), des avis rapides sur des lectures qui ne feront certainement pas l'objet d'articles ici, des joies ou tristesses livresques.

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PS : Je suis assez longue à répondre à vos comms. Pardon. Mais, ils me font chaud au coeur et je vous remercie de m'en laisser !

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